10 février 2007

Mao doit se retourner dans sa tombe…

Pour une fois, le sujet de cet article ne concernera pas l’Amérique. Comme il y a ici une multitude d’étudiants internationaux ici, il serait dommage que je ne vous fasse pas partager ce que j’apprends sur leur pays respectif. Je voudrais vous dresser ici le portrait de l’un de mes deux roomates chinois. Il s’appelle Nicholas Zhang et entame son dernier semestre à Georgetown. Son attitude pour le moins hautaine et très ethnocentriste (à part la Chine, il n’existe rien de bien…) m’avait laissé penser qu’il devait faire partie de ces nouveaux riches qui ont fait fortune depuis que la Chine s’est convertie à l’économie de marché. J’ai appris cette après-midi, qu’il n’en était rien. Nicholas est en fait le petit-fils du général qui a développé la bombe atomique chinoise ! Sa famille est donc l’une des plus importantes au sein de la nomenklatura communiste. Son père occupe une haute fonction au sein du Ministère des Affaires Etrangères.

J’ai appris avec surprise que le Parti Communiste encourageait les enfants de ses membres les plus éminents à suivre les meilleures études possibles aux USA pour ensuite revenir en Chine (bien sûr tout est payé par le Pari…). Plus question d’avoir peur de la contamination « impérialiste » ! De plus, Nicholas partant tous les week-ends en voyage (il est actuellement en Chine pour trois jours), j’en avais conclu qu’il devait être particulièrement riche. En fait, c’est le parti communiste qui paie tous ses déplacements ! Mieux, Nicholas a déjà un travail qui l’attend dès la fin du semestre. Et détrompez-vous, ce n’est pas un job au sein de l’administration chinoise… mais chez la banque d’affaire suisse UBS à Hong-Kong parce-que ça paye plus !!). C’est son père qui a fait en sorte qu’il soit embauché là-bas.

Conclusion, le Parti Communiste n’a de communiste que le nom. Cela, on le savait déjà. Mais alors à ce point ! Imaginez que le Parti de Mao n’est ni plus ni moins qu’une vaste administration destinée à protéger les privilèges d’une petite minorité de hauts fonctionnaires, en reniant de A à Z les principes marxistes et en s’acoquinant bien volontiers avec les « méchants capitalistes ». Comme quoi, l’histoire du communisme, ce n’est finalement que l’histoire d’une bourgeoisie qui en chasse une autre.