14 février 2007

Le Français

On entend souvent dire que le Français est de moins en moins parlé. Cela est sûrement vrai et je ne voudrais pas remettre en cause ce constat que tout le monde partage. Cependant, je voudrais affiner un peu le diagnostic. J’ai été très surpris de constater le grand nombre de personnes maîtrisant notre langue non seulement parmi les étudiants de Georgetown mais également à Washington. Il ne fait aucun doute que le Français est particulièrement apprécié. J’ai pu constater à de nombreuses reprises qu’il y a un vrai amour de la langue française et de ce qu’elle représente : le beau, le raffinement, une histoire riche, une grande littérature…

Il ne fait aucun doute que notre langue fait encore figure de langue « élitiste ». C’est la langue des lumières. Pour un américain, parler français, c’est faire preuve d’un certain raffinement et d’une certaine éducation. D’où un vrai engouement pour notre langue qui n’est finalement pas surprenant de la part d’étudiants issus pour la plupart de milieux privilégiés.

Ce que je veux dire par là, c’est que le Français ne souffre pas d’un manque d’intérêt. Notre langue attire et suscite toujours autant d’admiration !! Le vrai problème, c’est que l’on ne dispose pas des moyens suffisants pour exploiter ce potentiel. La plupart des lycées français, des centres culturels, et des alliances françaises sont situés dans les pays voisins de la France. C’est-à-dire là où on en a le moins besoin !!

Le succès de l’antenne de la Sorbonne au Qatar devrait nous faire réfléchir. L’éducation en français est très recherchée partout dans le monde parce-que, une nouvelle fois, elle est synonyme d’élitisme. Je suis convaincue qu’une vraie politique de la francophonie pourrait permettre au Français de redevenir cette langue universelle de l’esprit, de la connaissance, et du beau.